Le passé et le présent se croisent dans l’objectif de Uche James Iroha, Mounia Youssef et Beya Gille Gacha

Le passé et le présent se croisent dans l’objectif de Uche James Iroha, Mounia Youssef et Beya Gille Gacha

Après une résidence de création, trois artistes ont rendu public leur travail le 1er mars dernier à l’espace culturel ‘’ Le centre ’’. Il s’agit du vernissage de l’exposition « A quelle distance est le passé du présent ? » qui réunit les œuvres de Uche James Iroha, Mounia Youssef et Beya Gille Gacha

L’exposition présente un regard croisé sur les rapports entre le passé et le présent, la tradition et la modernité. Chaque artiste dans sa technique invite à réfléchir sur une thématique qu’il matérialise à travers un travail singulier. Ils osent et proposent des thèmes qui soulèvent le débat, relie ou rompt les barrières du passé avec le présent.

Uche James Iroha présente une série de photographie intitulée ‘’History is not absent-minded’’. Une série à travers laquelle l’artiste livre son attachement à la culture africaine. Il tresse le passé avec le présent sur des clichés qui vendent la culture traditionnelle, passée, dans un environnement présent, urbain, moderne, contemporain. Uche James Iroha soulève ainsi la question de la place de la culture africaine, traditionnelle dans un monde où la modernité prend le pas. Il affirme que l’on peut vivre la contemporanéité tout en restant attaché à sa culture qui est la source de son identité. A cet effet, il confie : « Je veux récupérer la culture traditionnelle comme ma chose personnelle et nous devons tous en faire de même »

Partant de la question du genre, de la place de la femme dans la société, Mounia Youssef propose une série de photos qui symbolise la prise de position, l’affirmation et la prise de parole chez la femme.  Titrée « A nous la parole I, II », cette série de photos est réalisée en ‘’ Slow motion ’’ qui est un effet d’ultra ralenti réalisé par image sur des durées très courtes. En utilisant cette technique de photographie, Mounia souhaite mettre en lumière les différentes étapes du mouvement qui est une métaphore du chemin à parcourir par la femme pour se reprendre, se réapproprier et affirmer son identité. On distingue sur les tableaux la femme réduite au silence sans la moindre assurance dans un état A mais qui explose et utilise sa voix dans un état B. Ces deux états sont reliés par un mouvement du milieu qui symbolise le temps et les difficultés qu’elle doit braver pour pouvoir s’affirmer et tenir sa place dans la société. A cette série de photo s’ajoute « Chamelon Women » qui est une série de posters présentant des femmes assises sur des caméléons. Une manière pour l’artiste d’expliquer que la femme peut avancer, changer, en fonction de son environnement tout comme le caméléon.

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Beya Gille Gacha quant à elle, explore l’univers de la mort en s’inspirant d’une cérémonie traditionnelle particulière propre aux Bamiléké. Cette cérémonie consiste à récupérer des crânes dix ans après l’enterrement du défunt. Ces crânes sont ensuite nettoyés et purifiés au cours d’un rituel. Dans ce sens, le crâne symbolise finalement un signe d’amour et de reconnaissance envers les aînés décédés. Dans son processus de travail, l’artiste a découvert que cette cérémonie traditionnelle du crâne est également pratiquée dans plusieurs cultures : le rite de Niatitas en Bolivie, le rite des Manéné en Indonésie, les rites des crânes surmodélés chez les Vanuatu en Océanie, et celui des Ayisun à Porto Novo. Elle présente donc ‘’ Extase à la vie ’’, un travail qui entrecroise le regard sur la mort en Afrique qui symbolise plutôt l’amour contrairement à la culture occidentale où elle incarnerait l’horreur.

Trois artistes, trois perceptions différentes et uniques. Cette exposition se poursuit jusqu’au 18 mai prochain à l’espace ‘’ Le Centre ’’.

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