Dak’art 2018 et le marché de l’art contemporain africain

Dak’art 2018 et le marché de l’art contemporain africain

La 13e édition de la biennale internationale des arts de Dakar ( Dak’art ) ouvre ses portes  ce jeudi 3 mai. L’occasion d’offrir aux visiteurs une exposition intitulée « Une Nouvelle Humanité », avec des œuvres de 75 artistes venant de 33 pays. L’occasion aussi pour les artistes exposants de se faire connaître et même d’attirer une certaine clientèle.

 

Dak’art 2018 : Les artistes africains acquièrent de la notoriété d’abord en dehors du continent, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. Vivant à Paris depuis 6 ans, l’artiste kényan Evans Mbugua n’a pas encore participé à la biennale dakaroise. Il vend ses œuvres depuis 3 ans et il a exposé pour la première fois en Afrique cette année. C’était fin février-début mars au Cap en Afrique du Sud. Il y était arrivé avec un apriori sur la clientèle attendue.

« Pour Cape Town, on était parti sur une baisse de 15% pour l’entrée de marché », explique-t-il. Puis il ajoute : « Et en fait à la fin de cette foire, la galerie m’a clairement dit qu’on allait pratiquer les mêmes prix qu’en Europe, que ça n’avait pas de sens de vendre moins cher, parce qu’il y avait une demande ; il y avait le marché. » Les prix des œuvres d’Evans Mbugua sont compris entre 1 000 et 10 000 euros. Un artiste qui n’est pas encore bien côté, selon Sitor Segnhor, galeriste à Paris. « On peut partir à moins de 1 000 euros et on peut dépasser un million d’euros pour les très grands artistes. »

Un marché de l’art contemporain africain encore très étroit sur le continent

Ancien collectionneur devenu galeriste il y a 4 ans. Sitor Senghor participe pour la première fois à la biennale de dak’art. « Pendant longtemps, les collectionneurs du continent n’achetaient que des valeurs sûres. Aujourd’hui, puisque des acheteurs du Nord achètent de l’art africain, les collectionneurs Africains se mettent aussi à acheter de l’art africain. On voit principalement des artistes déjà établis, qui pour la plupart sont résidents en Europe ou aux Etats-Unis. Pour ce qui est du marché africain, on peut dire que le centre névralgique se situe à Londres, qui est à mon avis la capitale du marché de l’art africain. »

Après l’installation en 2012 à Abidjan d’une galerie qui porte son nom, Cécile Fakhoury a inauguré une 2e galerie dans la capitale sénégalaise, à l’occasion de l’ouverture de Dak’art 2018, une région où le marché de l’art contemporain reste encore très petit, selon Delphine Lopez, Directrice de la Galerie Cécile Fakhoury de Dakar. « Sur le continent, ce marché est encore assez jeune. A Abidjan, il est un peu plus développé qu’ici à Dakar, mais il y a une vraie dynamique, il y a de nouveaux regards de collectionneurs qui se forment et je pense que dans quelques années on arrivera à avoir un marché un peu plus fluide et un peu plus solide ici à Dakar. »

La Galerie Cécile Fakhoury ouvre aussi une salle d’exposition à Paris, à l’intention des collectionneurs de l’art africain contemporain et des investisseurs.

 

Par Stanislas Ndayishimiye

Source : RFI

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